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L’avortement provoqué (à risque) est devenu un important problème de santé publique, en particulier dans les pays en développement où jusqu’à 13% des cas de décès maternels sont causés par cette pratique. En Côte d’Ivoire, comme dans de nombreux pays,  l’avortement est interdit. Mais en dépit de la loi, le nombre d’adolescentes qui ont recours à l’avortement pour remédier à une grossesse non désirée est plus important que celui des femmes d’âge adulte. Les décès et conséquences résultants d’avortements pratiqués dans des conditions précaires sont nombreux et affectent la vie des adolescentes et des jeunes.

 

Quels sont les différents types d’avortement ?

L’avortement provoqué : Un avortement provoqué est l’interruption volontaire de la grossesse avant la viabilité (avant 22 semaines d’aménorrhée). Un décès sur 8 lié à la grossesse est dû à l’avortement clandestin.
C’est une interruption d’une grossesse avant que le fœtus ne soit capable de mener une vie extra-utérine. L’avortement provoqué peut être légal ou illégal, selon la législation du pays. En Côte d’Ivoire, cette pratique n’est pas autorisée. 

L’avortement spontané (communément appelé fausse couche) : interruption non provoquée d’une grossesse avant que le fœtus ne soit en mesure de vivre hors de l’utérus. 

L’avortement dans des conditions peu sûres : il s’agit d’un procédé utilisé, par des individus incompétents et/ou dans un environnement ne réunissant pas les conditions minimales, pour interrompre une grossesse non désirée. Il faut noter que cette définition ne tient pas compte de la légalité ou de l’illégalité de l’avortement. 

L’avortement illégal : il s’agit de tout avortement, qu’il soit réalisé dans des conditions de sécurité ou d’insécurité, effectué dans un pays en violation de la législation. Bon nombre de ces avortements sont clandestins et pratiqués dans des conditions dangereuses.

 

LES RAISONS QUI MOTIVENT L’AVORTEMENT CHEZ LES ADOLESCENTS
La décision de recourir à un avortement n’est pas facile à prendre. Les adolescentes avancent souvent un certain nombre de raisons qui motivent le recours à l’avortement : 

Education :
Les filles enceintes qui craignent d’être expulsées de l’école ou d’interrompre leurs études souhaitent interrompre leur grossesse. Il faut signaler qu’en Côte d’Ivoire, les filles enceintes ne sont pas renvoyées de l’école. Mais leur état de santé ou la honte, les oblige souvent à arrêter les cours.

Facteurs économiques et faibles revenus :
Compte tenu du fait que les ressources économiques des adolescentes sont insuffisantes pour assurer la prise en charge d’un enfant, il n’est pas surprenant que la décision de procéder à une interruption de grossesse ait des motivations socio-économiques. 

Réprobation de la société :
Dans les sociétés dans lesquelles les grossesses contractées avant le mariage sont considérées comme immorales, les adolescentes optent pour une interruption de grossesse afin de ne pas contrarier leurs parents et de ne pas jeter l’opprobre et la réprobation sur la famille.

Absence d’une relation stable :
C’est une raison qui est plus souvent avancée chez les adolescentes que chez les adultes. 

Echec de la contraception :
La contraception est peu utilisée par les adolescent(e)s et les personnes qui y ont recours choisissent généralement des méthodes moins efficaces ou peuvent se tromper en utilisant la méthode retenue. 

Victime de violence sexuelle, de viol ou d’un inceste :
Les données interculturelles collectées auprès des centres d’accueil des victimes de viol révèlent qu’un important pourcentage de viols et d’abus sexuels touchent des filles âgées de 15 ans ou moins. Une étude CAP réalisée par l’ENSEA dans le cadre du projet Santé Jeune, a révélée que 31,2% des filles sexuellement actives ont déjà été forcées pour avoir un rapport sexuel. 

L’intéressée a déjà un enfant :
Une autre raison invoquée se rapporte au fait que l’adolescente a un autre enfant qui est très jeune.

Absence d’amour pour le père de l’enfant :
Dans certains cas, même chez es adolescentes mariées de force, la grossesse mettrait un terme à leur espoir de recouvrer leur liberté pour épouser l’homme de leur choix.

 

FACTEURS QUI CONTRIBUENT A L’AUGMENTATION DU NOMBRE DES AVORTEMENTS A RISQUE CHEZ LES ADOLESCENTES

L’ampleur et la gravité des problèmes liés aux avortements à risque chez les adolescentes varient d’un pays à un autre, au sein des communautés d’un même pays et même au sein des familles. es facteurs qui déterminent l’ampleur et la gravité de ce problème sont : 

   • L’accessibilité des services de santé reproductive aux adolescentes, en particulier pour les informations fiables susceptibles de leur permettre de prévenir les grossesses et les IST ;
  • L’avortement pratiqué dans des conditions sûres et à des prix raisonnables est accessible à la demande ;
  • L’accueil des professionnels des services de santé vis-à-vis des adolescentes ;
  • Les croyances et valeurs communes sur la sexualité ;
  • Les lois et politiques des pays.

 

COMMENT RECONNAITRE UN AVORTEMENT ?

   •   Douleurs pelviennes
   •   Saignements plus ou moins abondants
   •   Infection
   •   Abdomen tendu

 

LES CONSEQUENCES
Même si les risques de mortalité et de morbidité liés à l’avortement sont élevés pour les femmes de tous âges, ils le sont encore plus pour les adolescentes, essentiellement du fait de leur comportement lorsqu’il s’agit de consulter. Les conséquences sont multiples et peuvent survenir immédiatement ou plus tard. L’on peut distinguer plusieurs types de conséquences :  

   •   Médicales
   •   Psychologique
   •   Sociales
   •   Economiques.

 

Les complications à court terme
Les principales complications sont :
   •   les traumatismes du col et du vagin
   •   la septicémie
   •   l’hémorragie
   •   la mort
   •   la perforation de l’utérus ou des intestins
   •   le tétanos
   •   l’infection ou l’abcès pelvien et les caillots intra-utérins

 

Les complications à long terme
Les plus courantes (un mois après l’acte) sont :
   •   les avortements spontanés
   •   l’infertilité secondaire (qui constitue un problème pour une jeune femme appartenant à une société dans laquelle le statut de l’individu est lié à sa fertilité) causée par une maladie inflammatoire du pelvis
   •   l’infection pelvienne chronique
   •   un risque plus important de grossesse extra-utérine

 

COMMENT EVITER ? 

   •   en pratiquant l’abstinence
   •   en utilisant les préservatifs
   •   en utilisant les méthodes contraceptives.

 

NOTIONS A GARDER A L’ESPRIT 

1.  L’avortement effectué dans des conditions dangereuses est une pratique courante chez les adolescentes de nombreux pays.

2.   Par définition, cela implique l’interruption de la grossesse par des individus qui ne jouissent pas des compétences nécessaires ou dans des conditions susceptibles de nuire à la santé. Cette pratique peut se faire aussi bien dans le cadre de la loi qu’en marge de cette dernière.

3.  Les raisons qui poussent les adolescentes à se faire avorter sont diverses et tiennent à des facteurs sociaux, économiques et culturels.

4.  Les adolescentes qui ont recours à un avortement dans des conditions précaires sont généralement célibataires, connaissent leur première grossesse et se présentent tard pendant la gestation.

5.  Les adolescentes sont plus exposées au risque d’utiliser des méthodes dangereuses pour provoquer un avortement et à ingérer des substances susceptibles de compliquer leur diagnostic et leur traitement.

6.  Elles ont tendance à se présenter plus tard, avec des complications, et s’exposent à un risque de mortalité plus élevé.

7.  Elles rencontrent plus d’obstacles pour l’utilisation des services de santé dont elles ont besoin, notamment les barrières juridiques et politiques qui pourraient résulter de l’interprétation des lois en vigueur et des politiques mises en œuvre.

8.  En général, elles se présentent moins souvent au suivi post-traitement.

9.  Le counselling et le traitement post-avortement sont très importants pour la prévention des grossesses répétées et des avortements.
 

 

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